L’artiste dirige un stage de peinture les 22 et 23 juin 2019.

Apolonia Sokol
franco polonaise danoise née en 1988
basée à Paris
diplômée de l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris en 2015
représentée par les galeries The Pill (Istanbul) et Andersen’s (Copenhague)
apolonia.sokol (at) gmail.com
http://apoloniasokol.com/

La peinture est une affaire de groupe. De tribus, de familles, d’entourages. La peinture, ou une certaine peinture figurative du moins, celle dont on garde une image romantique séculaire et qui a élu le portrait comme ultime moyen d’expression. Chez Apolonia Sokol, l’idée de collectif perdure. D’abord parce que ses sujets sont forcément issus de son entourage, transposant sur la toile les affinités électives et électriques des rencontres. Amis, amants, belles âmes de passage : tous se retrouvent traités en pied à l’échelle 1, seul ou par paire, où l’on croit reconnaître ici la pose du pape d’El Greco, là une rugosité nerveuse échappée d’un tableau Otto Dix. Mais cette bande recomposée, c’est aussi le résultat de la traversée subjective de l’histoire de son médium qu’entreprend l’artiste, peintre avant tout, créant des alliances improbables et contre-nature où Giorgio Morandi noue connaissance Elisabeth Peyton, et Kerry James Marshall se prend d’amitié pour Albert Oehlen. Loin d’une hybridation post-moderne, Apolonia Sokol réaffirme la position du sujet, d’un moi triomphant qui parcourt le monde et agrège dans le sillage de ce corps-à-corps avec la matière brute du réel une matière brute retenant sans distinction l’histoire de l’art, la pop culture, l’émotion pré-langagière et les accidents sans qualité du quotidien. S’il a beaucoup été question dans les années 1980 du « tribalisme » d’une génération de peintres entre New York et Cologne, l’ère présente se redéfinit à l’aune du sujet. Non pas qu’il faille y voire le triomphe du néolibéralisme et de sa célébration de l’individualisme, mais au contraire, une reconquête de l’esprit de groupe qui passerait d’abord par l’affirmation de sa position propre. Ainsi, si les stéréotypes sont légion dans les portraits d’Apolonia Sokol, ils ne sont que costumes, que l’on endosse ponctuellement sans s’y perdre : la muse, le modèle, la sorcière, l’amante, la sainte, les figures mythologiques, incarnés tantôt par l’artiste, tantôt par ses proches – n’hésitant pas à se mettre elle-même en scène dans son atelier, posant devant ses toiles, afin de souligner encore un peu plus cette réversibilité. Et avec la fluidité innée de sa génération, passée maître dans l’exercice de la déhiérarchisation autant des sources que des identités, conjuguer au féminin et au pluriel la figure du grand artiste dans son atelier.
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Ingrid Luquet Gad

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portrait de l’artiste – Crédit photographique Vincent Ferrané
Apolonia Sokol, Le cauchemar (The nightmare, last goodbye to Oksana Shachko may she RIP), 360 x 163 cm, huile sur toile, 2018
Apolonia Sokol, Petit Cauchemar, 92 x 65 cm, huile sur toile, 2018

23/01/2019

Apolonia Sokol